Noireclaire de Christian Bobin

 

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Photo du National Géographic

*

«  C’est si beau ta façon de revenir du passé, d’enlever une brique au mur du temps et de montrer par l’ouverture un sourire léger.

Le sourire est la seule preuve de notre passage sur terre. »

 

*

Je viens de refermer le très beau livre de Christian Bobin « Noireclaire « , une véritable petite merveille, un livre dans un format « cahier » ce qui est assez singulier  chez Gallimard mais qui convient parfaitement pour ce très beau voyage en mots.

 

«  La pluie fait ses écritures. Derrière le paravent des gouttes d’eau, des oiseaux prophétisent. »

 

Un voyage entre la vie et la mort d’une grande beauté…

 

« Les arbres sont des aveugles errant dans la lumière, bras lancés au hasard »

 

Quelques pages plus loin…

 

«  Les yeux appartiennent au ciel, pas à la chair »

 

Un livre comme Noireclaire se déguste page après page, c’est comme une douce musique dans la tête, lire et relire ces fragments d’amour, une sorte d’extase…

 

 » Vivre —- gravir pas à pas une montagne enneigée et en avoir les yeux brûlés. »

 

« Léger comme un rayon de lune, sensible aux moindres nuances de ton souffle, le foulard à ton cou savait tout de ton âme. »

 

Des mots, des sensations… le manque…

 

« Les chardons bleus accrochent le jupon des lumières sans le déchirer. »

 

 »  J’ouvre un livre et c’est le ciel que j’ouvre : les fantômes chinois marchent sur la page en effaçant leurs pas. Ils ne sont eux-mêmes mais confidences de rivières, soies de feuillages, rumeur de nuages blancs.

Je veux tuer Christian Bobin. »

 

 

Au-delà de cette superbe écriture très épurée, il nous livre ici un magnifique hymne à l’amour et au manque couché sur le papier vingt ans plus tard.  On referme le livre en douceur, en ce qui me concerne très émue par cette magnifique mise à nu poétique d’un amour disparu.

 

« Le poète perce quelques trous dans l’os du langage pour en faire une flûte. Ce n’est rien mais ce rien parle de l’éternel .

Personne n’est aussi seul que le son d’une flûte. »

Noireclaire restera pour moi une de mes plus belles lectures de ces dernières années.

 

 

« Quand toutes les vaines paroles entendues au long de la vie ont fini par s’éteindre, La passion selon saint Matthieu éclate dans l’oreille du mort. »

Bach, Matthäus-Passion BWV 244. Herreweghe

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