Ephémère de William Butler Yeats

de

Tes yeux qui d’abord n’étaient jamais las des miens
Tantôt sous tes paupières clignent un chagrin
Car notre amour faiblit.’

Et elle dit alors :
Bien que faiblisse l’amour, asseyons-nous
A ce bord désert du lac une fois encore,
Ensemble à cette heure d’amitié tendre
Où tel un pauvre enfant fatigué, la passion, s’endort.
Combien semblent éloignées les étoiles, et loin
Notre premier baiser, et ah, combien vieux est mon cœur !

Pensifs ils marchaient le long des lits de feuilles mortes
Tandis que lui tenant la main, lentement il répondit :
« La passion a souvent usé nos cœur vagabonds »

Des bois les entouraient, et les feuilles jaunes
Tombaient, météores affaiblis dans la grisaille,
Un vieux lapin boiteux dévala le chemin ;
L’automne était sur lui : et ils restaient ainsi
Sur la rive solitaire du lac, une fois encore :
Se tournant, il vit qu’elle avait jeté des feuilles mortes
Rassemblées en silence, humide comme ses yeux
Sa poitrine et ses cheveux.

Ah, ne pleure pas, dit-il,
Si nous sommes fatigués, d’autres amours attendent ;
La haine, l’amour vont et tant d’heures pressantes.
Devant s’étend l’éternité; nos âmes
Sont amour et un continuel adieu.

 

 

yeats

Pour rêver encore un peu…

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