Le lecteur de cadavres de Antonio Garrido

 

Promenade_au_fleuve_le_jour_de_la_fête_de_la_Pure_Lumière_(détail_(2)_par_Zhang_Zeduan

Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec la petite sœur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » et il est accepté à la prestigieuse Académie Ming . Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèvre. Lorsque l’écho de ses exploits parvient aux oreilles de l’empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d’assassinats. S’il réussit, il entrera au sein de Conseil des Châtiments, s’il échoue, c’est la mort.

C’est ainsi que Ci Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté ou, dans la Chine exotique de l’époque médiévale, la haine côtoie l’ambition, comme l’amour, la mort.

 

Extrait :

 

Les premiers temps à Lin’an furent très durs pour Ci. Il se levait chaque matin à l’aube pour veiller à l’état de santé de sa sœur, il lui préparait son petit déjeuner et prenait soin d’elle jusqu’à ce que sa mère fut rentrée du marché. Puis, après avoir avalé un bol de riz, il partait pour l’école où il restait jusqu’à midi ; il courait alors à l’abattoir où travaillait son père pour l’aider le reste de la journée en échange des viscères répandus sur le sol. Le soir, après avoir nettoyé la cuisine et adressé une prière à ses ancêtres, il révisait les traités confucéens qu’il aurait à réciter le lendemain matin à l’école. Ainsi, mois après mois, jusqu’au jour où son père obtint un emploi de comptable à la préfecture de Lin’an, sous les ordres du juge Feng, l’un des magistrats les plus importants de la capitale.

Dès lors, les choses commencèrent à aller mieux. Les revenus de la famille augmentèrent et Ci put quitter l’abattoir pour se consacrer entièrement à ses études. Au bout de quatre années d’enseignement supérieur, et grâce à ses excellentes notes, Ci obtint un poste d’assistant dans le service de Feng. Au début, il accomplissait de simples tâches de gratte-papier, mais son dévouement et son zèle attirèrent l’attention du juge, lequel trouva chez ce garçon de dix-sept ans quelqu’un à instruire à son image.

Ci ne le déçut pas. Au fil des mois, de l’exécution de tâches routinières il en vint à enregistrer des plaintes, à assister aux interrogatoires des suspects et à aider les techniciens pour la préparation et la toilette des cadavres que, selon les circonstances des décès, Feng devait examiner. Peu à peu, son application et son habileté devient indispensable au juge, qui n’hésita pas à lui confier davantage de responsabilités. Finalement, Ci le seconda dans l’investigation de crimes et de litiges, travaux qui lui permirent de découvrir les fondements de la pratique juridique en même temps qu’il acquérait des notions rudimentaires d’anatomie

Au cours de la deuxième année d’université, encouragé par Feng, Ci assista à un cours préparatoire de médecine. D’après le magistrat, les preuves pouvant dénoncer un crime se dissimulent souvent dans les blessures ; pour les découvrir, il fallait donc les connaître et les étudier, non comme un juge mais comme un chirurgien.

Tout continua de la sorte jusqu’au jour où son grand-père tomba subitement malade et décéda. Après l’enterrement et comme l’exigeaient les rituels du deuil, son père dut renoncer à son poste de comptable et à la résidence dont on lui accordait l’usufruit ; sans travail ni foyer, et malgré les désirs de Ci, toute la famille se vit obligée de rentrer au village.

 

Mon avis :

 

Antonio Garrido nous livre ici un excellent roman d’aventure. D’une écriture magistrale, il nous raconte les tristes aventures de Ci , un jeune et brillant étudiant (inspiré d’un personnage réel) qui est un véritable magicien à sa manière mais également un précurseur dans le domaine de la médecine légale dans la Chine Impériale au XIIIe siècle.

Rien de manque, tous les ingrédients sont présents, du suspens, de l’amour, des trahisons, une galerie de personnages aussi savoureux les uns que les autres, des descriptions impressionnantes.

Antonio Garrido a fait un excellent travail de recherche, d’ailleurs à noter en fin d’ouvrage, un glossaire ainsi qu’une bibliographie.

Le rythme de lecture est intense, attention difficile de reposer le livre, perso je l’ai lu en une journée.

 

le-lecteur-de-cadavres-633413-250-400

Comme nous sommes en période estivale, je vous propose un petit voyage sonore en chine…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s