Dix vagues à Sion de Philippe Henri Carron

 

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Aujourd’hui se joue l’avenir de notre civilisation et de notre planète. Des forces contraires s’affrontent et luttent pour s’imposer. Devant de tels enjeux nous nous sentons inutiles, impuissants, mais nous avons tort. Nous pouvons jouer un rôle primordial : le changement viendra d’abord de nous, de nos choix et du sens que nous donnons à notre existence, de notre nouveau rapport au monde et à la merveilleuse planète qui nous héberge.

Dès lors le destin d’une chauve-souris, d’une tourterelle, d’une couleuvre ou d’un hareng prend une valeur symbolique : celle du respect que nous devons à toute forme de vie. Prenons notre place dans le monde et souvenons-nous que, comme le disait le peintre Paul Klee : « La pensée est créatrice ».

 

 

Extrait de « Pensées »

 

   –  Le bonheur consiste à savoir vivre dans l’instant ce que l’on aime faire en éloignant les pensées parasites.

Le bonheur n’est pas aussi tout simplement de mettre un pied devant l’autre pour avancer sur le chemin de la vie ; c’est lorsqu’on ne peut pas ou qu’on ne peut plus accomplir cet acte très naturel et banal en apparence que l’on en prend conscience. Mais, au fait, le bonheur existe-t-il vraiment ? N’est-il pas plus simple d’admettre avec Schopenhauer et Buzatti que la vie n’est que souffrance et échec afin de nous épargner bien des désillusions ? Ecoutons Zorba le Grec, il nous donne le mot de la fin : « La vie est un magnifique désastre ; fêtons-le en dansant ! ».

 

 

Extrait de « Mon monde à moi »

 

Dans mon monde à moi la vieille dame qui traverse la rue d’une démarche hésitante et le dos courbé serait aussi respectée que la femme qui a gravi les plus hauts sommets de l’Himalaya. En effet si elle était née à la montagne avec des parents alpinistes qui l’auraient emmenée très jeune escalader les pentes neigeuses peut être serait-elle devenue une championne. Mais elle est née à Vitry s/seine où elle a passé toute sa vie au milieu des immeubles de béton gris, elle n’a jamais vu les sommets enneigés qu’à la télévision et n’a jamais escaladé que l’escalier de son immeuble couvert de moisissures et d’efflorescences de couleur noirâtre, pauvre femme. C’est pourquoi elle mérite le plus grand respect car traverser la rue dans son état, au milieu des voitures, du bruit et de la pollution c’est son Himalaya à elle et sa souffrance n’est même pas compensée par l’incommensurable beauté du paysage.

 

 

Mon avis :

 

A la manière du Petit Prince, Philippe Henri Carron nous livre ici un recueil de textes et de poèmes à lire avec lenteur et délectation. Il nous offre son regard sur notre monde, à la fois poétique mais également sans concession. Il soulève un coin du voile sur la noirceur de l’âme humaine et toute la beauté de notre planète. Sous sa plume, Dix vagues à Sion est un très bel hommage à la terre et un bel hymne à la vie. Il nous offre également de multiples réflexions sur l’avenir de l’homme et celui de notre environnement.

Je ne résiste pas à vous faire également découvrir un de ses poèmes :

 

Ossian

 

Mugissante brume de la corne du monde

Et de ses cimes dévoilées

Clair de lune étouffé par les cris des vagues revenantes

Complainte lointaine de la vie qui s’en va

Ossian, l’écume des jours tourmentée de si noirs desseins

Ne peut justifier la souffrance étoilée.

 

Laisse-nous perdre la raison et monter dans l’azur du soir

Vers cet air pur où l’oiseau vole, libre et heureux,

Enfin libérés des chaînes d’ici bas

Plongeant, comme la mouette,

Vers le fluide déchainé et bruissant

Mouillant nos ailes bleues plombées

Attrapant au passage le fruit de nos passions sans but

Fol espoir, inutile et absurde, mais seule raison de vivre.

 

Le printemps me regarde de ses yeux amandes

Sa chevelure blonde, richement décorée,

Tombe émerveillée comme une cascade de plaisir

Son large nez et sa bouche souriante

Laisse un souffle léger caresser mon visage

 

Je vis !

 

 

 

A noter en fin d’ouvrage, une petite playliste de différents morceaux de musiques écoutées pendant la rédaction de l’ouvrage.

 

 

 

 

9791020304926_1_75Le Paradis terrestre

Peintre : Philippe Henri Carron

 

merci aux Editions Baudelaire pour cette belle découverte.

Editions Baudelaire

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