Les romans d’amour sont dangereux de Catherine Choupin

la douleur

Dominguez Bello – Tombe de Julio Ruelas

Alain n’était pas responsable de ce qui était arrivé : à partir de leur rencontre, Blanche avait forgé de toutes pièces un être imaginaire et elle était tombée amoureuse du héros auquel elle avait donné le jour.

 

Extrait :

 

La première fois qu’il l’avait vue, c’était trois ans avant la mort de Gregory, le jour de la Toussaint 2006. Il avait décidé de visiter le cimetière : un ami lui avait dit qu’il était très « animé » et resplendissait ce jour-là grâce aux milliers de fleurs que les familles venaient déposer. Il faisait un temps magnifique. Après avoir parcouru une partie du grand cimetière, Alain traversa la rue Emile Richard, pour rejoindre le petit cimetière. Il fut surpris par le nombre des chapelles imposantes, vestiges de la manière dont les riches bourgeois honoraient leurs morts au XIXe et encore au XXe siècle. Il prit le chemin latéral qui longeait le mur d’enceinte, quand tout à coup il vit un bariolage incroyable de jaune, de violet, de vert, de rose et de bleu sur une statue toute blanche. Il s’approcha et ce fut un éblouissement. Selon une coutume sans doute mexicaine ou espagnole ou méditerranéenne, une multitude de fruits ou de légumes aux formes étranges et de fleurs aux vives couleurs décoraient une jeune femme éplorée et mettaient en valeur la pâleur de… sa peau. Alain se souvint du début du film d’Almodovar, Volver : des femmes joyeuses nettoient les tombes d’un cimetière et déposent de la nourriture et des fleurs. Il prit une photo, et il s’en félicita bien plus tard, car ce fut la seule occasion qu’il eut de voir la nymphe ainsi parée. C’était une photographie unique ! Il apprit par la suite que la statue, qui avait plus de cent ans, avait failli être supprimée. Elle avait dû sa survie en 2008 à l’intervention in extremis (l’expression était de circonstance) de « L’Association des amis de Julio Ruelas ».

 

 

 

Mon avis :

 

 

Alain, 64 ans est un homme malheureux, toute sa vie n’est qu’une façade. Il est malheureux en amour, encore plus malheureux depuis la mort de son fils Gregory, il passe  maintenant la plupart de son temps au cimetière « Montparnasse » où il connaît chaque tombe, chaque célébrité, chaque petit recoin. Ses pas le mène particulièrement  auprès d’une très « belle femme de pierre », il veille sur elle, en prend soin,  la photographie de nombreuses fois et aime à la caresser parfois avec tendresse.

Un jour, il rencontre Blanche au détour d’une allée à la recherche de la tombe « d’Olivier Ameisen ».

 

 » Pour Blanche, l’amour, c’était tout ou rien. Comme la vie l’avait cruellement déçue, elle avait décidé que ce serait rien, et elle écrivait des romans où l’homme de ses rêves apparaissait et finissait, après maints rebondissements et malentendus, par l’embrasser ou par… mourir. Comme Rousseau l’avait fait dans La nouvelle Héloïse, elle créait des « êtres selon son coeur ».  Ses nombreuses lectures et ses nombreuses amours nourrissaient les romans sentimentaux, dont elle s’était fait une spécialité, et elle bénissait le ciel de lui avoir fait la grâce de ce talent de l’écriture. Elle avait acquis ainsi ce à quoi elle aspirait depuis longtemps, une noble sérénité, loin des tempêtes des passions, qu’elle observait désormais de loin, sur le rivage, tel le sage épicurien. Cette noble sérénité s’accompagnait d’un désintérêt pour la vie en général. Elle en avait épuisé le suc, souvent amer. « 

 

De cette belle rencontre, Catherine Choupin de sa délicate écriture nous entraîne à nouveau dans les méandres de l’amour. Cette fois, Blanche, va tomber amoureuse de son héros, elle va au fil des pages de son nouveau roman se dévoiler et déclarer tout son amour pour Alain sans que celui-ci ne se doute de rien, malgré de nombreux « signes » très explicites qu’il n’a pas réussi à décoder. L’écriture, un bel exutoire quand la vie se fait cruelle. Alain lira-t-il le roman ?

Je suis encore une fois  séduite par cette belle écriture, un très joli roman à découvrir. Dans une simple histoire d’amour, se cache toute la richesse de notre culture littéraire, nous y croisons Baudelaire, Prévert, Verlaine, Stendhal, Théophile Gautier, Pascal, Proust et tant d’autres, à noter d’ailleurs la présence de nombreuses notes en fin d’ouvrage.

Les lecteurs tombent parfois amoureux des personnages d’un roman, pourquoi pas l’auteur… « Les romans d’amour sont dangereux ».

 

Je voudrais remercier http://www.librinova.com, Editeur et nouvelle Plateforme web au service des auteurs indépendants pour m’avoir permis de découvrir ce nouveau roman de Catherine Choupin.

Vous pouvez les découvrir sur Facebook : https://www.facebook.com/librinova et sur Twitter : @Librinova

 

 

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