Réussir à tout prix de Patricia Wencker

 

10704185_907779269254730_4527790670611922170_nPhoto :  Oleg Oprisco

 

Extrait 1 :

Zoé ouvrit les yeux et vit le soleil, magistralement lilial, brasiller dans sa gloire matinale. Alentour, sur chaque pas de lumière en progression, le Phébus aux doigts d’argent soulevait un nuage de buée crépitante. Les particules de rosée ondoyaient autour de la jeune fille et déposaient un voile frais sur sa peau. La sueur de la planète régénérait
l’artiste qui offrait ses sens à l’environnement. Zoé observa le voyage de la rosée en suspension dans l’air. Comme si les particules d’eau lavaient la Conscience Globale, une harmonie pacifique enveloppa la jeune femme. Elle accorda sa respiration à celle de l’univers. Les pensées de l’artiste nourrissaient-elles le monde à travers l’eau filtrée par son corps ? Comme l’étincelle produite par le frottement d’un embout soufré sur le bord d’une boite d’allumette, la jeune fille intégra la mémoire de l’eau. Ouverte à son besoin de création, elle comprenait son appartenance à l’univers.

– Seigneur, murmura-t-elle dans un souffle, quand nous mourons, rendons-nous notre âme à l’eau comme nous livrons notre corps à la terre ?

Elle se promit de restituer cette perception dans ses tableaux.

 

Extrait 2 :

À la nuit tombée, Anna tenta de forcer les barreaux de la clôture. La fillette était loin de les avoir imaginés aussi résistants. Elle poussa et fit pression de tout son corps. Elle augmenta la charge à l’aide de ses mains. Elle s’infiltra entre les tiges qui, malgré tout son poids, restèrent en place. Elle rentra son ventre. Elle tendit son cou. Elle souleva son corps sur la pointe des pieds et appuya ses mains sur le grillage.
Une chaleur inattendue cravacha sa cuisse droite et réchauffa sa chair. Puis, le froid ruissela sur son mollet. À cheval sur la grille écartelée, Anna fit une pause. Elle se pencha. Son pantalon, lacéré, se maculait de sang. Elle bascula sur le pied droit. Anna avait envie de hurler. Puis, la révolte secourut la fillette ; soudain, les épaules se dégagèrent, puis le tronc et enfin, ses hanches.

– Maintenant, je va boiter comme Dimitri, se résigna-t-elle.

Elle clopina vers le camion. Sur le gravier gris, des gouttelettes de sang conjuguaient le verbe apprendre. Anna traîna une caisse devant la benne. Elle monta sur l’escabeau ainsi formé et se hissa sous la bâche. Elle rampa vers l’avant de la remorque et trouva un abri derrière un canapé. Malgré son courage, les sanglots que versait la fillette ne laveraient jamais le sentiment d’humiliation qui l’habitait. Elle plia ses jambes, mit les bras autour de ses genoux et grelotta, assise sur sa culotte mouillée.

 

Extrait 3 :

La première partie de l’ouvrage représentait le vide. Les camaïeux rouges fusionnaient. Ils embrasaient la toile tendue, tel le baiser passionné d’un ciel d’été qui déboutonne son manteau d’azur sur l’oeil enflammé du soleil levant. L’univers était vide. Pourtant, en son centre vibrait un point chocolaté sur un nuage laiteux.

La seconde portion de son travail fut plus vive. Ocre, comme le big bang, elle explosait l’astre mature. La brûlure habillait la Galaxie d’une pluie de lumière arborescente. Elle livrait le désir éthéré d’un tremblement de lèvres, au coeur d’un désert aride qui glane une goutte de rosée sur le fil de soie d’une araignée.

La dernière pièce du triptyque incarnait l’ouverture. Son souffle débordait. Il étendait la vie comme une huile déploie sa matière. Le tourbillon d’un oeil noir aspiré dans le ciel céruléen frôlait la connaissance immatérielle. Comme un champ gravitationnel, il ondulait l’union des deux firmaments et engendrait sa quintessence.

 

Mon avis :

Lors d’un week-end chez des amis très proche loin de sa mère tyrannique, Zoé se laisse aller à peindre en toute quiétude, inspirée par la nature environnante. Elle rencontre Antonio,un  pompier ténébreux au grand cœur et guérisseur qui découvre en elle, une âme sœur mais également une artiste de grand talent malgré son repli et son peu de confiance en elle. Son âme et son pinceau sont en fusion avec la nature et toutes les émotions qui l’environne, elle capte ainsi toute l’énergie de la terre.

Au même moment en République Tchèque, Loïna accompagnée de sa fille Anna de huit ans immigre clandestinement en Allemagne rêvant  ainsi d’une vie meilleure, malheureusement, elles tombent toutes deux aux mains de trafiquants d’êtres humains.

La rencontre de Zoé lors d’un voyage pour son travail en Allemagne avec Peter, un homme secret et amateur d’art va être autant révélatrice que douloureuse, peut-on mettre le talent et l’amour-en-cage… Jusqu’où peut-on aller dans le désir de peindre et de réussir…

Après bien des péripéties, le destin finira par réunir Zoé et Anna la petite fille. En fuites, toutes les deux, elles vont ensembles apprendre à faire enfin confiance, à grandir en passant de douloureuses épreuves jusqu’au grand final.

Voilà, je me suis laissé porté par l’énergie et l’ambiance particulière de ce roman et ce fut une très belle découverte.

 

 

Je voudrais remercier http://www.librinova.com, Editeur et nouvelle Plateforme web au service des auteurs indépendants pour m’avoir permis de découvrir ce nouveau roman de Patricia Wencker.

 

Vous pouvez les découvrir sur Facebook : https://www.facebook.com/librinova et sur Twitter : @Librinova

 

 

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