La nouvelle Béatrice de Catherine Choupin

 

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Dante et Béatrice

*

Une malheureuse jeune fille fit un exposé sur « Le détail et l’ensemble » qui il faut le reconnaître était totalement creux. Jean lui demanda « Avez-vous fini, Mademoiselle ?.

 

              – Oui, Monsieur, (…)

 

               Marc Purat renchérit bientôt :

 

               – Avez-vous lu le panneau qui se trouve sur la porte ? Et il désignait du doigt la porte de l’amphithéâtre.

               

               – Il est écrit : Culture et non Agriculture. Or le seul exemple que vous ayez donné, « un ensemble d’arbres », relève plus de la seconde que de la première ! (…)

 

 J’étais horrifiée par ces accès de méchanceté, qui mettaient toutefois un certain piment dans les prestations plutôt mornes et qui contribuaient sans doute à attirer les foules, maintenant privées du spectacle des exécutions capitales!

Le tout était de ne pas se trouver à la place de la victime ! J’étais horrifiée et en même temps fascinée. J’imaginais jean me prenant sauvagement de ses deux mains si viriles et n’admettant aucune révolte de la part d’un être aussi stupide et méprisable qu’une femme. N’avait-il pas eu l’air d’acquiescer lorsque Monsieur Luc, un autre de ses collègues, avait lancé la phrase de Baudelaire « la femme est naturelle, donc abominable ! »?

 

 

Extrait :

 

…/…

 

                   – Quelle était la véritable relation qui liait Dante et Béatrice ?, demandai-je

 

                    – Si par « véritable », vous entendez la relation qui les lia dans la réalité, ce fut quelque chose de très ténu, qui surprend souvent les profanes. Béatrice Portinari habitait non loin de Dante à Florence. Il en tomba amoureux lors de leur première rencontre à l’âge de neuf ans, comme il le raconte dans la Vita Nuova ; mais leurs familles organisèrent pour chacun d’eux un mariage, c’était la coutume à l’époque. Dante eut au moins trois enfants avec Gemma ; Béatrice fut mariée aussi mais n’eut pas d’enfants et mourut à vingt-quatre ans. Ce n’est donc pas d’une jeune fille que Dante parle, mais d’une dame mariée, comme dans la littérature courtoise qu’il pratiqué.

 

                      – Et si on entend par « véritable » la relation qui les unit dans l’oeuvre de Dante, qu’en est-il ?

 

                       – Et bien, ce n’est pas par hasard qu’on parle d’un amour platonique et mystique. Pour Dante, Béatrice est la dame de ses pensées, et ce dès l’âge de neuf  ans : L’image de cette femme trône toujours au sommet de mes pensées où l’a placée l’amour qui l’a conduite vers moi, dit-t-il dans la Vita Nuova.

 

                         Jean marqua alors un temps d’arrêt, me regarda. On pouvait penser qu’il cherchait ses mots ou alors qu’il avait dit ces paroles à mon intention. Mon coeur plein d’espoir se serra mais dans l’incertitude, je restai impassible, du moins extérieurement. Il continua.

 

                       – Lorqu’il la rencontre une deuxième fois dans la rue, ils ont dix-huit ans tous les deux. Le nombre neuf est très important pour Dante. Pour lui, Béatrice est un miracle car la racine du neuf qui lui est associé n’est autre que la miraculeuse Trinité. Cette fois elle est vêtue de blanc, et non de rouge, elle est accompagnée de deux matrones.

 

                          – Ah ! je connais cette scène-là, grâce à un tableau d’un peintre préraphaélite anglais, Henry Holidays, Dante et Béatrice.

                          – Oui, ce tableau fait d’ailleurs la synthèse de trois scènes différentes que Dante raconte dans la Vita Nuova, ce qui montre que le peintre connaissait bien cette oeuvre. C’est d’ailleurs normal pour un peintre qui prétend revenir à l’art qui précède Raphaël, Dante écrit, comme vous le savez , au début du XIVème siècle ; La Divine Comédie, qui a écrite après la Vita Nuova, est un voyage imaginaire, qui est censé se dérouler pendant la semaine sainte de l’année 1300.

 

 

                             – La première scène est celle que je viens d ‘évoquer, Béatrice est en blanc au milieu de ses deux « matrones » et elle adresse à Dante un salut dont la douceur lui fait toucher l’extrème limite de la béatitude. Dante lui écrit alors son premier Sonnet.

 

…/…

 

 

Mon avis :

 

 

La nouvelle Béatrice, une histoire belle et délicate, l’histoire d’un « amour autrement », au rythme des palpitations du cœur de Florence pour Jean, un brillant professeur et orateur de talent, nous emprunterons les chemins merveilleux et douloureux de l’amour par nos deux passionnés de littérature.

Comme Dante, Jean a trouvé dans sa rencontre avec Florence, l’amour unique, leurs âmes sont liées à jamais.

Un petit livre qui m’a fait vibrer et sourire au fil des pages, une douceur infinie dans l’écriture de Catherine Choupin et de très belles références littéraires à redécouvrir également.

Je vous invite également comme moi à aller découvrir ou redécouvrir La Vita Nuova de Dante ici  :

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k749941/f70.image

 

Pour compléter cet article,  à découvrir cet extrait audio de la Vita Nuova de Dante lu par Gilles-Claude Thériault :

 

DANTE – ‘Vision’ de la mort de Béatrice

http://www.youtube.com/watch?v=VvdkdVu__To

 

Je remercie Babelio et les Editions ILLADOR dans le cadre de la masse critique Babelio de m’avoir fait découvrir la plume talentueuse de Catherine Choupin.

 

 index

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* Source image inconnue pour le très beau tableau de Dante et Béatrice

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